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Je m’appelle Victor, j’ai 36 ans et je suis un joueur pathologique.  J’ai commencé à jouer vers l’âge de 18 ans et j’ai joué pendant plusieurs années. J’ai toujours eu des très bons emplois durant les périodes où je jouais. Mes jobs super payantes étaient ma source monétaire pour aller jouer dans les machines de bar. Jamais je n’ai eu à voler ou frauder pour avoir de l’argent à aller jouer. À 22 ans, même si je faisais un salaire supérieur à 100 000$ par année, je dépensais tout dans le jeu. Même si j’avais un bon cercle d’amis, une famille le fun, un bon entourage, tout y passait.

J’ai joué jusqu’au jour où je me suis presque retrouvé dans la rue. Ça a commencé par une perte d’emploi pour cause d’absentéisme au travail.  Je m’absentais pour aller jouer. Sans emploi, je n’avais plus de revenu pour payer mon appartement. C’est à ce moment-là que j’ai vraiment touché le fond du baril. J’étais en état de détresse financière, psychologique, amicale et familiale. Plus rien ne tenait. C’est là que je suis allé chercher de l’aide au Centre de réadaptation en dépendance de Montréal (CRDM). On ne sort pas du jeu facilement, ça prend beaucoup de volonté et je l’avais. Je voulais briser le beat du jeu et ne plus jouer. J’ai arrêté de jouer pendant 5 ou 6 ans puis j’ai fait une rechute. Je suis retourné en thérapie au CRDM pour avoir de l’aide et depuis je ne joue plus.

Après la thérapie, je me suis repris en main, mais en ne jouant plus, l’excès que j’avais dans le jeu s’est transféré à d’autres occupations. En ne jouant plus tout mon argent, ça s’accumulait rapidement et j’ai commencé à voyager comme ça ne se peut pas. Travailleur autonome, je faisais mes horaires et à toutes les 6 semaines, je partais en voyage. J’ai fait ça pendant deux ans. Je suis passé de trop jouer à trop voyager et je n’avais plus la fébrilité et l’excitation du voyage que j’avais au début.  Après les voyages, j’ai fait un retour à l’école et encore là je surchargeais mon horaire de cours. Je me suis calmer avec l’école et je me suis lancé dans des cours de musique. J’ai décidé d’apprendre à jouer d’un instrument que je ne connaissais pas du tout et j’en ai joué pendant 3 ans puis j’ai arrêté.

Tout ce que je faisais c’était dans l’excès. Un jour, quelqu’un m’a dit une phrase qui m’a marqué : C’est la dose qui fait le poison. Mon problème était que je ne dosais pas. Avec l’âge, je dirais que je suis moins dans les excès. Avec mon retour à l’école, j’ai fait mes cours en architecture et en inspection du bâtiment. Maintenant je suis un professionnel du domaine immobilier autant dans la rénovation que dans la vente. Je réussis très bien et j’aime ce que je fais. Je travaille 40 à 50 heures par semaine, je voyage environ 3 fois par année. J’arrive à doser pour que ça reste agréable. Mes amis, ma famille et mon réseau sont encore avec moi et pour ça j’ai de la chance.

Si je pouvais faire un message à un joueur pathologique, je lui dirais qu’il n’y a personne d’autre que lui qui peut l’aider à s’en sortir. Il aura beau rencontrer tous les thérapeutes du monde, avoir la meilleure famille qui soit, ça ne changera rien si la volonté n’est pas là. Pour s’en sortir, la première chose c’est d’y croire!

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